Le PDC s’engage pour une nouvelle politique pénitentiaire et une amélioration rapide des conditions de détention à Genève

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Genève, le 30 octobre 2020

 

Communiqué de presse 

 

Le PDC s’engage pour une nouvelle politique pénitentiaire et une amélioration rapide des conditions de détention à Genève 

 

Suite au refus par le Grand Conseil du projet de centre de détention des Dardelles, les alternatives proposées notamment par le PDC ont enfin été prises en considération par le Conseiller d’État Mauro Poggia, lequel évoque désormais des structures à taille humaine, adaptées aux différents profils des détenus. Cette nouvelle orientation, dénuée de tout angélisme mais voulant une politique carcérale digne, cohérente et économique, va clairement dans le sens de la motion interparti 2666 soutenue et portée par le PDC et adoptée aujourd’hui par le Grand Conseil.

 

L’urgence de rénover la prison de Champ-Dollon, qui souffre déjà depuis trop longtemps d’une surexploitation de ses infrastructures et d’une surpopulation carcérale, n’aurait pas dû servir de prétexte au gouvernement pour refuser d’envisager d’autres projets que celui des Dardelles. L’abandon de ce projet surdimensionné, dispendieux et inadéquat pour notre canton permet à nouveau une réflexion de fond sur la politique pénitentiaire menée à Genève.

 

Le PDC, soucieux de répondre aux défis liés à la sécurité et aux conditions de détention indignes des détenues, est convaincu qu’il faut donner une réponse rapide et un signal fort en concertation avec le Conseil d’Etat et les partis représentés au Grand Conseil. À cet effet, le PDC continuera d’être force de proposition et poursuivra ses efforts pour faire avancer ce dossier. Trois axes sont déterminants pour le parti :

 

  • Un établissement destiné exclusivement à la détention des femmes. Il est essentiel de garantir dans notre canton un véritable centre de détention uniquement dévolu aux femmes en détention préventive et en exécution de peine avec une prise en charge, un accompagnement et un suivi ciblés permettant la mise en place d’ateliers, d’activités et de formations pertinentes et non stéréotypées répondant à leurs besoins spécifiques (cf. Proposition de motion PDC, dont la première signataire est la regrettée Anne Marie Von Arx-Vernon, pour un meilleur respect du droit des femmes détenues à Genève - M 2618). Rappelons que les femmes en détention préventive ou en exécution de peine sont, à quelques exceptions près, incarcérées à Champ-Dollon, soit dans un complexe pénitentiaire uniquement pensé pour des hommes et dans lequel elles ne peuvent bénéficier ni d’activités ni mêmes d’espaces de réinsertion. Les femmes sont les grandes oubliées du système pénitentiaire genevois.

 

  • Une prison pour l’exécution des peines redimensionnée et sans empiètement sur la terre agricole et les surfaces d’assolement. Il est impératif de préserver la qualité de vie des habitants résidant à proximité de la future structure tout en garantissant qu’aucun sacrifice ne doive être subi par les paysans et l’agriculture genevoises. Le PDC sera particulièrement attentif à ce que toute future prison à Genève soit à taille humaine et renforce la qualité de travail des professionnels du milieu pénitentiaire, ce dans une vision restauratrice de la détention.

 

  • Une réflexion sur des mesures alternatives à la détention dans une prison de haute sécurité. Dans le cadre de la détention préventive et de l’exécution de peine, le PDC estime indispensable d’offrir une palette de mesures plus larges aux autorités judiciaires et au SAPEM. L’incarcération dans une prison de haute sécurité des individus ne représentant aucun danger pour notre population doit cesser au profit de mesures alternatives, parmi lesquelles l’assignation à résidence avec bracelet électronique ou encore le travail d’intérêt général. Rappelons que sur 398 places, la prison de Champ-Dollon compte actuellement plus de 600 personnes détenues, dont un peu moins de la moitié en exécution de peine.

 

Contacts :

 

Delphine Bachmann, présidente

 

Sébastien Desfayes, député et commissaire à la judiciaire et police

 

Vincent Gillet, secrétaire général